12 avril 2007

Liberation : la presidentielle bien vue

Clips clips clips, hourra

Par Raphaël GARRIGOS, Isabelle ROBERTS

Ringards, les spots officiels ? Ben oui, ontologiquement ringards. Tournés en une journée avec les équipes fournies par l'Etat, montés à la va-vite. Même alimentés pour moitié par des images filmées par les candidats, ça ne passe pas. Ils sont tout pourris. Le son est approximatif ­ Gérard Schivardi, la voix couverte par le trafic place de la République ­, la mise en scène grotesque ­ Frédéric Nihous planté comme un piquet en costume cravate au milieu d'un champ ­, le maquillage outré ­ les lèvres Rouge Baiser de François Bayrou ­, les effets spéciaux à faire pleurer ­ quel cochon a dessiné cette planète en danger chez Dominique Voynet ?

Bien sûr, il y a la balourdise démago des réalisations. Chez Nicolas Sarkozy, les mots «respect», «solidarité» qui jaillissent du fond de l'écran et sautent à la gueule. Chez Ségolène Royal, c'est soirée diapos jusqu'à plus soif : Royal signant des autographes, Royal avec les chtits nenfants, Royal et Mitterrand...

Bien sûr, il y le détail obsédant qui trouble le message : cette photo d'un homme en chemise bleue derrière Arlette Laguiller (on jurerait Dominique Strauss-Kahn mais on a comme un doute, lire ci-contre), ce livre posé derrière Philippe de Villiers ( Rivière d'Etel, lit-on sur la tranche), la petite mouette à droite de Sarkozy (et qui se barre à tire-d'aile sitôt le spot terminé, pas folle la mouette).

Bien sûr, il y a le terrible jeu d'acteur des tribuns à l'air faussement dégagé. Nihous en son champ : «Vous le savez, ruralité, ça rime avec quartier !» (oui, Fred, et aussi avec «ukulélé»et «trou de nez»). Sarkozy dans une maison de retraite : «Si vous saviez comme j'aurais envie de jouer aux cartes avec vous.» (Comment arrive-t-il à faire encore plus peur quand il sourit que quand il kärcherise à tout va ?) Besancenot au bord d'un canal : «C'est connu, le facteur sonne toujours deux fois» (celle-là, franchement, Olivier...).

Bien sûr, ainsi que le disait un JT de la nuit, lundi, le spot officiel, c'est de la propagande. Pensez donc, pas de contradicteur pour renvoyer le candidat dans ses cordes. Personne pour rétorquer à Sarkozy et son «école du respect»: «Vous voulez parler de l'école Rampal à Belleville, M. Sarkozy ?» Personne pour reprendre de volée Villiers et son ignominieuse «charte républicaine pour la construction des mosquées avec des conditions draconiennes» . Et ne comptez pas sur les intervieweurs à la solde des candidats : Jean-Saint-Josse pour Nihous ou Karl Zéro pour Bové (au fait, Karl, c'est dégueu de se servir de Bové pour revenir à la télé). Des passe-plats, des porte-micros, bouh, les vilains !

Sauf que, vous avez entendu quelque chose de nouveau, vous, dans les spots officiels ? Quelque chose que les candidats n'ont pas déjà dit ? Une énormité qu'un incisif journaliste n'aurait jamais laissé passer ? Non, rien de rien. «L'école du respect», Sarkozy l'a déjà servie à tous ses interlocuteurs, de PPDA à Arlette Chabot. Idem, Villiers et ses mosquées. On croyait que les spots officiels de propagande avaient démarré lundi, on avait tort : ils durent depuis toujours.

Posté par Matthias à 08:28 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires sur Liberation : la presidentielle bien vue

    Segolene royale

    Un cadre commercial parisien a assigné Ségolène Royal devant le tribunal de Paris pour une supposée violation du droit à l'image car sa photo figurait dans le décor scénique des meetings de la candidate socialiste à la présidentielle, a-t-on appris mardi auprès de son avocat.

    Rabah Chalbi, 43 ans, explique qu'il a découvert sur France 2 le 8 mars dernier qu'il figurait à son corps défendant sur ce décor, dans une séquence de 14 secondes où son visage apparaissait au-dessus de l'épaule de la candidate.

    "Rabah Chalbi n'a jamais donné la moindre autorisation pour l'exploitation de cette photographie. Or cette photo a été utilisée à plusieurs reprises lors des meetings de Ségolène Royal qui ont été photographiés, filmés et diffusés sur Internet", a indiqué à Reuters Me Michel Gonelle, avocat du plaignant.

    Selon Me Gonelle, cette photo a été prise dans le local d'une association du XIe arrondissement à Paris lors d'une réunion privée à laquelle Ségolène Royal, pas encore investie candidate à la présidentielle, était venue assister.

    Me Gonelle invoque l'article 8 de la Convention européenne des Droits de l'Homme pour demander 45.000 euros de dommage et intérêts.

    "Depuis que nous avons demandé à France 2 de récupérer les images de l'émission 'A vous de juger', la photographie en cause a disparu du décor scénique de Ségolène Royal", a précisé Me Gonelle.

    Posté par Rob, 17 avril 2007 à 13:38 | | Répondre
  • Hollande

    Est ce que quelqu'un pourrait expliquer a Francois Hollande qu'on ne devient pas president avec un gros bide, une esthetique de comptable et un look de chef de service de sous-prefecture.

    Posté par Yvan, 04 juin 2007 à 20:49 | | Répondre
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